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L'océan

  • 13 juin
  • 1 min de lecture

Dans la vie je retiens

le peu qu’on apprend, le retard qu’on prend

cette femme, qui a tenu ma main

et l’autre, resserrée en un poing

poli par les escales du temps


j’ai parcouru toutes les routes

nagé dans l’eau des claires fontaines

enivrée de vins et de doutes

j’ai couru, titubante, sur la terre

sur les os de mes ancêtres


j’ai pleuré à tant de fenêtres

indifférentes dans l’éther du soir

les bestiaux, les poules qui caquettent

ne semblaient vivre que des miettes

jetées selon mon bon-vouloir


et c’était toi soudain – ma paume, ce pain

cette nonchalance du monde et du vent

la spirale sans fin de cet escalier

qui prétend me transporter jusqu’à l’océan –

je n’irai pas plus loin et je veux arrêter


j’exige la terre plate, un bord où me jeter !

la noirceur étoilée de nos rêves tentants

devenant mon tombeau, rejoindra le couffin

où dans un premier cri l’espoir déjà vain

d’une consolation scellait mon jugement

 
 

©2020 Gwenaëlle Anna B.

©photo Olivia Bee

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