L'océan
- 13 juin
- 1 min de lecture
Dans la vie je retiens
le peu qu’on apprend, le retard qu’on prend
cette femme, qui a tenu ma main
et l’autre, resserrée en un poing
poli par les escales du temps
j’ai parcouru toutes les routes
nagé dans l’eau des claires fontaines
enivrée de vins et de doutes
j’ai couru, titubante, sur la terre
sur les os de mes ancêtres
j’ai pleuré à tant de fenêtres
indifférentes dans l’éther du soir
les bestiaux, les poules qui caquettent
ne semblaient vivre que des miettes
jetées selon mon bon-vouloir
et c’était toi soudain – ma paume, ce pain
cette nonchalance du monde et du vent
la spirale sans fin de cet escalier
qui prétend me transporter jusqu’à l’océan –
je n’irai pas plus loin et je veux arrêter
j’exige la terre plate, un bord où me jeter !
la noirceur étoilée de nos rêves tentants
devenant mon tombeau, rejoindra le couffin
où dans un premier cri l’espoir déjà vain
d’une consolation scellait mon jugement