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L'été
C’est l’été je ne sais plus si je te plais l’eau bruisse imperceptiblement dans la mare dans le jour chaud, le séisme n’est qu’en moi
L'océan
Dans la vie je retiens le peu qu’on apprend, le retard qu’on prend cette femme, qui a tenu ma main et l’autre, resserrée en un poing poli par les escales du temps j’ai parcouru toutes les routes nagé dans l’eau des claires fontaines enivrée de vins et de doutes j’ai couru, titubante, sur la terre sur les os de mes ancêtres j’ai pleuré à tant de fenêtres indifférentes dans l’éther du soir les bestiaux, les poules qui caquettent ne semblaient vivre que des miettes jetées selon
Chant funèbre
Je voudrais que la vie s’arrête fermez les portes à double tour recouvrez de draps les fenêtres pour m’empêcher de revoir le jour ôtez les pointes des horloges coupez les fils du téléphone que cette mission abroge aussi le son de l’interphone réprimez les clameurs dans la rue et le brouhaha de l’école je ne suis jamais moins éperdue jamais dans ma douleur moins folle que lovée ainsi qu’une poupon au creux de nos souvenirs, d’un lit à bisser jusqu’à la déraison ce même refrain
Le choix
Ça vient nous chercher dans le noir ça nous saisit par les chevilles le long des cuisses, ça remonte jusqu’à nos sexes de deux filles ça prend des teintes grises souris tâches de vies, tâches de hontes quand le ventre est touché aussi que tes seins tremblent sous la menace mes mains gangrenées des mensonges inscrivent sur ton cou leurs traces sur ta face, les remords longent tes orifices, tes yeux marrons que reste-t-il pour donner raison à nos ébats de mécréantes devant tes
La rose
Je t’en supplie, fais-moi rêver vois mon reflet dans les gouttes de pluie ; dessine-moi sur tes cahiers je te chéris – dans tous les aspects de ma vie, je te crois comme un trésor dissimulé comme les rayons d’un soleil éternellement là je suis si fatiguée du hasard, de la chance et des chemins de croix – à chaque pas s’élance le dépit avec moi et nous marchons ensemble… ne serais-je pas toujours perdue sans toi ? quand j’oublie ce qui rassemble quand je reste engourdie et deb
Simple
Plus simple qu’un poème, être un collier de bras à ton cou une parure au rythme de ton pouls, mes baisers comme des diadèmes Plus simple les anathèmes parvenus de la terre entière quand à tes oreilles mes prières se voudraient de précieux emblèmes Plus simple la vie qui essaime ses promesses de joie et ses chagrins alors que s’insinue entre nos mains l’étendue claire de nos blasphèmes Oui, plus simple qu’écrire un poème m’imaginer artiste rebelle qui clamerait des phrases si
Le bateau
C’est maintenant que je dormirais ainsi lovée contre ton dos dans un monde à deux reformé selon la coque d’un bateau et alors je t’emmènerai au cœur des rêves les plus beaux voguer sur des mers dorées le soleil comme du flambeau scintillant·es sous l’air marin nos regards-horizons nos peaux des paysages cristallins nos voix seront l’unique écho eux si géants dans le lointain émouvants à briser nos os - oh ! faites que la nuit ce matin soit pour toujours notre point d'eau
Demain
Prochain rendez-vous demain jour gris – serai-je plus qu’un quotidien, me trouveras-tu la plus jolie ? La dernière fois j’ai observé tes mains et toi que vois-tu de la vie quel chemin j’ai peur de tout même mon lit a le danger du loup-garou
Mes mains
Saurai-je que faire de mes mains si ce n’est en tordre les doigts un à un devant toi ou mordre mes propres poings pour ne pas (discorde) enlacer les tiens
Les amantes
Reviens reviens aux courbes de mon regard je n’ai pas le cœur à l’absence ni à me perdre dans le hasard des rues dans l’aube qui s’élancent Au creux de mon cou pose ta tête : les boucles de tes cheveux doux sur mes joues rouleront en fête ; écoutons battre nos deux pouls reviens respirer nos dessous dessus mon torse lover ta main faire s’emmêler nos genoux rester collées seins contre seins... et il faudrait tel baratin tels bras de fer autour de nous pour nous arracher au de
La cause
« Et nous allons vivre et mourir à cette époque » ainsi fredonnait la radio, je crois – tu as cerclé ton paletot ; ta clé en un son...
Le mot
Je n’aimais pas le mot, j’aimais la forme de ton corps ses lignes et ses creux, ses fenêtres ; ses volets quand tu dors ton maintien de tête, ta langue, au goût d’aurore tes jambes de comètes – es-tu heureuse alors ? j’ai vu dans ta sueur s’agglutiner de l’or des rus de ta cyprine, la vie qui s’évapore/mes doigts cintraient tes cuisses fines : je mourais sous ton poids, je vivais de ce crime – ici planait un sort… es-tu ravie alors ? éperdue dans l’infime atlas de tes pores,
Il pleut
Il pleut. J’attends que tu reviennes dans telle clarté grisâtre du soir que toute ma mémoire enchaîne quand tu déchantes/comme tu t’approches de moi, chuchotant ton amante… quand tu énièmes fois cette première fois sous la pluie et je reste là (sans éclaircies), à t’attendre, garde-folle – moi-même folle – moi-même bas… ma souterraine ; mon ciel inassouvi des réponses terrestres que je voue à l’oubli désormais, oh ! si tu pouvais fermer les yeux (je suis ton double) malgré le
Compter
Je pense à toi le temps ne s’est pas arrêté et rêver me ment ; ne dure pas. J’ai compté les mois, les jours suivants sur le bout de mes...
Le départ
Tu dis Pas une larme ou c’est moi (au coin des yeux elles tremblent) ton barda tassé sur la voie évoque ces jeux qu’on assemble Tu as...
Les corps enchevêtrés
Les corps enchevêtrés inclinent les visages l’un vers l’autre se font ailes doucement repliées dans la nuit ils pépient les notes d’un ramage qui trempe dans nos vies ses plumes d’encrier Les corps enchevêtrés sont le long des cheveux cent myriades de branches à la sève bouclée affleurent jusqu’aux pointes ces bouquets généreux de shampoings de mémoires feuilles ébouriffées Les corps enchevêtrés s’éveillent en boutons de roses qui éclosent aux poumons de l’été leurs bourgeons
La ville
Je cours après les méandres je n’ai pas envie de rentrer telle est pris qui croyait prendre et la Saône dans ses filets réfléchit le...
Les sœurs
Il y avait tant de monde, ce soir pour les festivités, les jeux à boire, les tournées de cartes, de sodas et leurs rondes qui...
L'argot
Il y a d’abord ce quelque chose que tu ne dis pas couturé à l’instar d’une robe à ton pourtour une nouvelle robe – il y a ton sourire las de mon pas lourd ces myriades de poèmes, ces brassées de chansons quand je danse et que tu n’écoutes plus, il y a tes yeux détournés à ma vue et je tempête – tu n’en feras pas cas, obstinément tu restes muette il y a ton absence, ce jour-là et puis les autres je pleure sur des photographies, les nôtres ; je touche du bout des doigts des cas
La culotte
(Tes yeux noirs Ta culotte rose) ma main circlue au plus profond de toi entre nos cuisses nues qui dilate et qui ose presser comme une éponge ta vulve en émoi – et ce matin encore la horde de nos doigts qui repousse l'assaut du réveil morose… Mais tu ris : L’heure n’est plus aux songes Qu’une alarme retentisse ou non Après le café, la douche chaude Après le métro, boulot sous les néons – Et c’est la nuit qui nous soulagera Demain férié, c’est jour de maraude Tu ris : pour les
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