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Le choix

  • 5 juin
  • 1 min de lecture

Ça vient nous chercher dans le noir

ça nous saisit par les chevilles

le long des cuisses, ça remonte

jusqu’à nos sexes de deux filles


ça prend des teintes grises souris

tâches de vies, tâches de hontes

quand le ventre est touché aussi

que tes seins tremblent sous la menace


mes mains gangrenées des mensonges

inscrivent sur ton cou leurs traces

sur ta face, les remords longent

tes orifices, tes yeux marrons


que reste-t-il pour donner raison

à nos ébats de mécréantes

devant tes larmes gorgées de sang

ce flux noir enfui de ta fente 


moi qui devient ta Némésis

ta maladie la plus vivante

sois certaine de tes ennemis

l’habit ne fait pas la serpente


ne laisse pas gagner cette ombre –

le jour trouve toujours chemin

et si demain matin ton rêve

est une normalité sans fin


souviens-toi de nos plaisirs fous

cette joie pure des choix humains

et du pouvoir de celles qui jouent

libres maîtresses de leurs destins


oui – répands tes baisers dans mon cou

fais redescendre par ta bouche

la fièvre qui met à genoux

l’envie profonde sous nos tabous


vite ! fais de nous les sauvages

animales choyant leur couche –

l’éden ne connaît pas la rage

l’amour nous sait plus fortes que tout

 
 

©2020 Gwenaëlle Anna B.

©photo Olivia Bee

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