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La fenêtre

  • 12 déc. 2023
  • 1 min de lecture

Eclipse que la chute, lunaire ce matin,

de tes reins devant ma

fenêtre. Au travers mille brèches

des volets l’aube point, traçant comme les lettres

pétillantes d’une antisèche

à ta ceinture (il se trouve que j’ai

grande passion

pour la littérature) : tu te penches en avant –

le fer forgé, récalcitrant,

retarde sa mise au ban – les rayons du soleil

grimpés le long des toits, s’égrènent en voyelles

vaporeuses contre tes flancs ; leurs auréoles

sur ta peau hâlée

par la pénombre, ont le pas cadencé

de petites bardes qui longent ta colonne

semant à allure folle

quelque onomatopée.

Tu secoues un battant. Le ciel

à l’instar de trombones, piquette des consonnes

égrenés pêle-mêle

à chaque filament

de clarté retrouvée aux feuillets de tes hanches.

Alphabets chaotiques que ces lumières blanches !

Étendue sur le lit, je plisse un peu les yeux

il me semble entrevoir, prolongeant tes cheveux

plusieurs syllabes s’empêtrer

et les lignes du firmament

soudain se faire plus audacieuses –

c’est

tout un poème, mon amoureuse !

qui ingénument musarde

jusqu’à tes fesses,

ces lueurs blondes – ton bras se tend sur la rambarde

l’obscurité s’affaisse/l’aurore soudain abonde

à la naissance de leur fente

et je crois lire sur ton corps pâle

un dénouement ou la descente

sans fin d’une dernière étoile –

le jour me tente, autant qu’à toi !

mais en hommage à la culture

reste donc prolonger la nuit

une ou deux heures au creux de moi :

il s’avère, ma douce, qu’aujourd’hui

c’est la fête de la lecture...

 
 

©2020 Gwenaëlle Anna B.

©photo Olivia Bee

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